L'être humain est omnivore.

Le terme « omnivore » a une valeur descriptive et non normative. En admettant que l’humain soit omnivore, cela signifie simplement que son organisme peut assimiler des nutriments tirés de sources végétales et animales. En aucun cas qu’il le doive (au sens d’une nécessité physiologique autant que morale). En posant que l’humain est omnivore, on sous-entend que la consommation de chair animale (et partant, le régime alimentaire culturellement dominant dans nos sociétés) relèverait d’une “nature humaine immuable”. C’est une manière d’éluder la question éthique en s’en remettant à un prétendu “ordre naturel” (et dans le même mouvement, de rejeter les alimentations végétales jugées «contre-nature»).

Si la plupart des humains sont aujourd’hui clairement des omnivores comportementaux, l’anatomie comparée selon le type d’alimentation met en évidence que l’être humain ne présente pas les caractéristiques structurelles mixtes que l’on observe chez les omnivores tels que les ours et les ratons laveurs (et encore moins les caractéristiques des carnivores). Les caractères communs propres à chaque catégorie montrent d’une part une distinction nette entre l’humain et les carnivores, de même qu’avec les omnivores. D’autre part, ils soulignent de façon encore plus évidente la similitude morphologique (dentaire et digestive) et physiologique (alimentaire et en matière de développement des membres permettant d’obtenir la source alimentaire) entre les herbivores / frugivores et l’humain.

L’étude comparative des muscles faciaux, de la mâchoire (type, position, mouvement et ouverture de la bouche), de la dentition, des ongles, du système digestif (acidité et capacité de l’estomac, longueur de l’intestin grêle, colon, composition chimique des sucs gastriques dont la salive) et des spécificités des membres et organes sensoriels comme la vue, l’odorat et le goût sont autant de signes sans équivoque concernant l’orientation alimentaire à laquelle l’humain est le plus adapté.

Ceci n’invalide certes pas la possibilité technique de la consommation de viande, mais elle exprime en revanche de façon claire son caractère au mieux occasionnel, sinon totalement accessoire, et témoigne surtout d’une adaptation probablement induite par des périodes et environnements difficiles pour se nourrir de végétaux. Conditions qui ne sont, de toute évidence, plus à l’ordre du jour dans la société occidentale moderne.

 

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